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« Solos », l’album… solo de Lionel Martin

Un projet sonore de Lionel Martin & Bertrand Larrieu. Entre jazz et musique électronique. Post rock instrumental basé sur des textures sonores. Musique brute, organique, spirituelle et hypnotique. Pochette signée Robert Combas !

« Je est un autre » L’album joue sur l’ambiguïté, la fiction, la réalité Écologique, avant gardiste, en field recording la bande son d’un multi saxophoniste joyeux et triste, déambulant seul mais à plusieurs, telle une fanfare de la Nouvelle Orléans dans un style « post New Orleans »

 

Revue de presse

Le saxophoniste Lionel Martin - 2020Entre flux aériens et vibrations telluriques, les improvisations de Lionel Martin s’abreuvent aux sources de la liberté et s’alimentent d’une quête intérieure exigeante. On voyage dans l’univers imaginaire du saxophoniste. Bien loin des chemins de la perfection, son monde empreint de spontanéité et de sincérité est éclairé par le doute et la recherche incessante de l’Ailleurs et de l’Autre. Nicole Videmann | 11 octobre 2020 | Latins de jazz

Haute en couleur, la musique de Martin crépite, bouillonne, explose… un peu comme la « figuration libre » de Combas et ses peintures chamarrées, entre bande dessinées et graffitis. Les Solos de Martin s’inscrivent dans une esthétique expérimentale et les timbres, rythmes et textures apportent la touche de sensualité qui les rend enthousiasmants. Bob Hatteau | 28 septembre 2020  Jazz à Babord

Solos est un disque passionnant de bout en bout, qui tire un grand trait d’union entre des expériences sérielles comme celle d’Urban Sax, la musique itérative de Philip Glass ou des évocations / scansions dans lesquelles on pourrait percevoir l’écho tutélaire de John Coltrane.  Denis Desassis | 8 novembre 2020 | Citizen Jazz

 

Interview de Lionel Martin à propos de Solos

Lionel Martin - Extrait du clip FictionL’album Solos est autant une invitation au rêve qu’au voyage, avec des textures sonores poétiques et hypnotiques. Nourri de ses multiples expériences musicales, ce disque, parti d’une base improvisée, livre un récit musical très écrit, monté comme un film avec l’ingénieur du son Bertrand Larrieu. Avec une  magnifique pochette signée Combas, l’album est une quintessence de son univers mental foisonnant. Rencontre avec un musicien hors norme.

Ces dernières années on vous a surtout vu avec des groupes – Ukandanz, Palm Unit, Madness Tenors – ou en duo avec Mario Stantchev ou Sangoma Everett. Pourquoi cet album solo ?

Lionel Martin : Je travaille (je joue) en solo depuis tant d’année… Souvent je raconte cette anecdote : à 14 ans je devais de l’argent, c’était un 24 décembre… vous connaissez la suite, j’ai pris mon saxo et je suis allé jouer dehors à la Croix-Rousse… Depuis j’ai bourlingué pas mal mais je n’ai jamais arrêté de faire cela. Ça va faire une trentaine d’années finalement…
Récemment j’ai découvert des batteries, une enceinte amplifiée autonome, cela a été la révélation, je pouvais apporter dans la rue mon univers de sons et le mélanger en direct avec le réel, le son de la rue, du métro… J’ai senti une certaine maturité, assez de maturation, c’était l’heure….

Comment avez-vous travaillé pour ce disque ? Comment s’est passé votre collaboration avec l’ingénieur du son Bertrand Larrieu ?

LM : Tous les jours j’écris un petit peu, des petits trucs, qui me serviront ou pas. Je ne suis pas compositeur, en revanche j’ai des idées. Quand elles me plaisent je les note et cela peut donner des morceaux qu’on a pu entendre avec mes groupes précédents. Ici c’est différent, j’avais tellement de choses à dire, que j’ai tout dit… des heures et des heures d’enregistrement. C’est après que nous avons fait le travail de composition avec Bertrand à partir de ce matériel. C’est un peu du cinéma, on a fait du montage, et j’ai rejoué parfois par dessus pour ramener encore des idées qui surgissaient… Maintenant pour préparer les concerts, j’écris la partition…
Bertrand nous suit depuis longtemps, il a beaucoup travaillé avec Damien Cluzel de Ukandanz, mais aussi beaucoup pour la danse, le court-métrage, les images, de la prise de son à l’élaboration de bandes son. Il a une culture immense et une envie très précise de ce qu’il veut. Il m’a poussé dans mes retranchements, poussé à aller au bout, je ne cesserais de le remercier tant il a été exigent. Je souhaitais travailler avec lui, car je voulais quelqu’un de polyvalent, capable de s’adapter, de capturer le son, ce qui l’entoure, une globalité, pas seulement de la musique faite avec des notes… Au début il n’était pas sûr de vouloir travailler sur le disque après la prise de son et puis il s’est impliqué, c’est devenu aussi important pour lui que pour  moi …d’où ce titre SOLOS : seul mais à plusieurs… Nous nous sommes surpris mutuellement et voila le résultat.

Parlons de la pochette signée du peintre Robert Combas, qui n’est pas sans rappeler l’affiche du Rhino Jazz de cette année… puisque vous y êtes tous les deux ensembles en résidence ! Comment est née cette collaboration ?

LM : C’est en effet un zoom, un gros plan sur le rhino de l’affiche du festival que Robert Combas à peinte. Un jour il m’a dit : « bien sur, le rhino c’est toi »… Encore un rêve pour moi qui cherche tout le temps à décloisonner, à travailler avec des artistes pas forcément musiciens. Bien que lui le soit ! J’avais vu son exposition au Musée d’Art Contemporain de Lyon en 2012 dans laquelle était installé un atelier : on pouvait le voir travailler si on avait de la chance ! Exposition marquante ! Auparavant j’avais vécu mon expérience solo dans un arbre perché à 10 mètres de hauteur pour le Rhino Jazz festival. Le temps passant, j’avais envie de renouveler l’expérience dans un autre lieu atypique, mais cette fois avec un artiste complémentaire.  Ludovic Chazalon, directeur artistique du Rhino Jazz Festival, s’est emparé de l’idée, nous avons évoqué Robert ensemble… Il l’a contacté, Robert a tout de suite voulu s’engager. Je suis allé chez lui avec mon saxo, je me suis présenté en jouant, pour qu’il me sente, qu’il valide, que nous validions la même envie de partager une histoire hors norme… C’était parti, c’est parti, pour ce « grand barouf » à St Etienne dans un atelier géant au milieu des toiles de et avec Robert Combas. Je vais jouer avec les sons sur  des thématiques improbables, on pourra voir pendant 15 jours ce travail en direct. Je prépare une palette où les couleurs sont des idées, une thématique, ou… du vide pour laisser venir l’imagination…

Propos recueillis par Emmanuelle Blanchet

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