100 % Guinée Forestière

Une introduction aux musiques traditionnelles dont sont issues toutes les musiques modernes…

Images de 100 %Guinée ForestièreTel est le sous-titre de la cassette, sortie en l’an 2000 en Guinée Conakry, qui réunissait les chants et musiques de 8 groupes de musique traditionnelle des ethnies de la région de Guinée Forestière.
Et très traditionnelles, ces chants et musiques le sont, avec des polyphonies, des polyrythmies jouées par des instruments aussi peu connus que les Tulous, trompes traversières monotonales, le Guëlën, tambour-xylophone, ou le Bélé Guei que l’on pourrait qualifier d’ancêtre de la Kora…

Rares, ces musiques et ces chants le sont également, car majoritairement liées aux évènements qui ponctuent la vie de ces ethnies animistes que sont l’ethnie Toma, Guerzé, Manons,…. Mais rares aussi parce que ces enregistrements datent déjà d’une vingtaine d’années et que ces traditions ont du mal à être perpétuées.

Document historique et pépite musicale comme le précédent album Kwi Bamba & l’orchestre de Gama Berema déjà réalisé par Frédéric Migeon, la cassette, 100% Guinée Forestière est re-éditée, augmentée de 2 titres, au format vinyle sur le label Ouch ! Records distribué par Silène Records, et en digital sur le label Cristal Records (marque 10H10) distribué par Believe Digital.

Lire le récit de l’enregistrement par Frédéric Migeon

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Les titres

01. TULOU DE KANKORÉ [CHANT, TULOU, BHALA, TANIN] – KANKORÉ, LE 5 DÉCEMBRE 1999
Kankoré est un village très enclavé à cause des nombreuses rivières souvent difficiles à traverser après les fortes pluies, il est à la frontière du Libéria. La soirée a été très festive réunissant tous les villageois qui avaient consommé immodérément le « cane juice » libérien beaucoup plus fort que le vin de raphia habituel. Le chanteur principal était décédé quelques mois auparavant, on écoute donc une version plus instrumentale que celle enregistrée dans le village de Yumata et qui figure en face B. Chaque trompe ne joue qu’une seule note, sur un rythme qui lui est propre, la superposition des rythmes des quatre instruments (polyrythmie) crée une polyphonie.

02. SIBA POGBA [CHANT, BÈLÈ GWEÏ], OUÉLÉ BILAVOGUI [CHANT] – DÉCEMBRE 1999
Un enregistrement dans un village toma très enclavé, dans une zone montagneuse, à la frontière du Liberia ; et découverte de cet étonnant instrument qu’est le bèlè gueï. Le musicien, Siba Pogba, arrive à moduler les sons en ouvrant ou en fermant sa poitrine sur laquelle est posée l’instrument. Siba, on l’entend dans ce morceau, avait une tessiture impressionnante, il est décédé en 2000 lors des évènements qui ont opposés les mercenaires libériens aux forces guinéennes.

03. GUËLËN DE TILÉPOULOU – CLAUDE ZOGBELEMOU [GUËLËN, CHANT], MICHEL ZOGBELEMOU [GUËLËN], SIMON-PIERRE MONÉMOU [YÖ YÖ, CHANT] – CONAKRY, LE 24 AVRIL 2001
Claude Zogbelemou et son fils Michel font partie de la famille des fondateurs de N’Zérekoré ; j’ai pu assister à plusieurs de leurs prestations avec leur complice Simon-Pierre et même organiser une soirée mémorable où ils ont pu échanger avec les premiers musiciens accompagnant les trapézistes du Circus Baobab à savoir Momo Wandel Soumah et son groupe. Claude était handicapé (les séquelles de la lèpre) et Simon-Pierre était mal voyant, néanmoins pour les rencontrer, il fallait passer chez eux avant 7h le matin car ils partaient très tôt, à plusieurs kms de leur domicile, cultiver du riz de montagne ou faire du charbon de bois après avoir défriché un champ en fin de jachère… Ce concert a été organisé à l’occasion d’une semaine dédiée à la Guinée Forestière au Centre Culturel Franco-Guinéen de Conakry, une très belle soirée réunissant devant une salle comble et comblée, Zézé Wolo, le Guëlën de Tilépoulou, deux choristes/danseuses et un danseur.

04. YOUWÉLÉ DE WEYA SUD [CHANT, BHALA, KÈÈ] – WEYA SUD, NOVEMBRE 1999
Groupe de femmes très apprécié dans la région pour leurs chants polyphoniques… La chanteuse principale lance de longues phrases mélodiques soutenues par un choeur polyphonique, chaque chanteuse chante sur une note particulière un rythme différent de celui de ses voisines.

05. KOKO DE GBATA [CHANT, GUËLËN, YÖYÖ] – GBATA, LE 18 DÉCEMBRE 1999
Gbata est un village situé à la frontière de la Côte d’Ivoire. Les deux guëlëns sont joués verticalement, l’une des extrémités du guëlën reposant au sol. Seuls les hommes dansent sur cette musique, pendant l’enregistrement un policier en uniforme est arrivé et a dansé, jetant en l’air son pistolet et le rattrapant en rythme ! L’enregistrement a eu lieu l’après-midi, le soir nous avons enregistré Kwi Bamba avec l’orchestre de Gama Berema, village proche de Gbata.

06. ZÉZÉ WOLO [CHANT, GWÈNIN] – N’ZÉRÉKORÉ, LE 16 FÉVRIER 2001
Zézé Wolo, de son vrai nom Gobou Tokpa Kolié est né en 1921 dans le village de Loulé, c’est l’un des derniers conteurs traditionnels guerzé, il a appris de son père l’histoire de son ethnie et la pratique de la petite guitare traditionnelle le gwènin. Zézé chante l’histoire des Guerzés, mais attention il ne fait pas que des éloges, il prodigue surtout des conseils de sagesse en utilisant des métaphores qui ne manquent ni de poésie, ni d’humour. Zézé est décédé en septembre 2001, 6 mois après son premier concert au Centre Culturel Franco Guinéen de Conakry, 6 mois après son premier voyage en avion…

07. TULOU DE YUMATA [CHANT, TULOU, BHALA, TANIN] – YUMATA, LE 8 JANVIER 2000

08. KONO DE YUMATA [CHANT, KONO, KÈÈ] YUMATA, LE 8 JANVIER 2000
Yumata est le village d’où est originaire Marcel Haba ; le village étant en deuil, cet enregistrement a été fait ultérieurement à ceux constituant la cassette ; il aurait été dommage de ne pas entendre ces joueurs de tulou et les polyphonies des femmes s’accompagnant de konos.